Rechercher sur le site

X

La Science au service de la gestion des tourbières

L’industrie canadienne de la tourbe horticole s’associe depuis de nombreuses années aux chercheurs spécialistes des tourbières les plus respectés au pays. Notre objectif est de mieux comprendre la tourbe en tant que ressource, l’écosystème des tourbières et ses fonctions et de discerner comment nos activités peuvent influencer ces fonctions afin de trouver des solutions innovantes pour atténuer nos impacts.

Au fil des ans, l’industrie a participé à plusieurs programmes de recherche. Bien que certaines activités soient présentement au ralenti par les effets de la pandémie, deux de ces programmes sont en cours cet été.

Le premier programme est mené par le Groupe de recherche en écologie des tourbières (GRET) dirigé par la Dr Line Rochefort de l’Université Laval (Québec, Québec). Son objectif principal est de générer de nouvelles connaissances liées à la gestion des tourbières, principalement en termes de restauration des tourbières. Quatre thèmes principaux sont abordés: la biodiversité, l’eau, la séquestration du carbone et la biomasse de sphaigne. Du point de vue de l’industrie, l’ensemble du programme permettra l’élaboration de critères pour évaluer le succès des meilleures pratiques de restauration. Il fournira également de nouvelles connaissances pour améliorer les méthodes de restauration, évaluera l’effet de l’extraction et de la restauration de la tourbe sur la qualité de l’eau, et créera des indicateurs végétaux pour évaluer la capacité de séquestration du carbone des tourbières tout en testant différentes options de gestion pour maximiser cette capacité. Enfin, le programme vise également à améliorer et à intensifier la culture de sphaigne pour la production renouvelable de fibres de sphaigne non décomposée.

De ce programme découle plusieurs projets. Un de ceux-ci, en cours cet été, vise à développer une méthode de suppression à court terme de la décomposition de la tourbe en renforçant le mécanisme de «verrouillage enzymatique». Il couvre à la fois les dimensions de la séquestration du carbone et de la biomasse de sphaigne, et implique des chercheurs de diverses universités, y compris une collaboration avec l’Université de Bangor (Royaume-Uni).

Le deuxième programme est dirigé par le Dr Nigel Roulet de l’Université McGill (Montréal, Québec). Nous savons déjà que les tourbières naturelles et restaurées (> 12-15 ans) agissent comme puits de carbone tandis que les tourbières en cours d’extraction sont des émetteurs de gaz à effet de serre (GES). Cependant, le taux réel de ces émissions de GES lors de l’extraction et de l’utilisation de la tourbe dans le contexte horticole n’est pas connu avec précision. Le projet vise à collecter des données scientifiques sur la manière dont la tourbe extraite ou en utilisation (en pot par exemple) se comporte réellement en termes d’émissions de GES. Les données permettront de mettre à jour les facteurs d’émission utilisés par l’industrie pour son processus de reddition de compte et par le gouvernement canadien pour leurs rapports annuels d’inventaire national des GES.

Ce sont là quelques avantages que la recherche scientifique continue d’apporter à notre industrie. Avoir une meilleure connaissance de notre ressource aide l’ensemble du secteur à améliorer ses pratiques de gestion. La recherche scientifique permet à notre association de mieux informer les agences gouvernementales provinciales et fédérales, avec des données précises et fiables en lien avec la gestion responsable des tourbières. Dans le passé, ces connaissances ont servi comme base pour l’élaboration de nouvelles lois et réglementations concernant la gestion des tourbières et nous souhaitons continuer en ce sens. C’est aussi le fondement de l’amélioration continue de nos pratiques.

Pour toutes ces raisons, l’industrie canadienne de la tourbe et ses partenaires continueront d’’approfondir leur savoir au moyen de recherches évaluées par des pairs et de connaissances scientifiques approfondies.

3 septembre 2020