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Les résultats de l’ACVe, en bref…

Sur l’ensemble des étapes du cycle de vie, le transport de la tourbe vers les marchés d’acheteurs (étape de la distribution) domine les contributions dans les catégories Santé humaine, Acidification aquatique et Eutrophisation aquatique. Pour ces quatre indicateurs, les dommages potentiels attribuables à la distribution proviennent en majeure partie du transport des produits par camion. L’identification de ce point chaud majeur a permis de faire ressortir les paramètres clés suivants pour la production de la tourbe de sphaigne canadienne :

  • Le poids du chargement, en particulier pour le transport par camion
  • Le nombre de voyages entre l’usine de production et le lieu de livraison, particulièrement pour le transport en camion
  • Le mode de transport terrestre, soit ferroviaire ou routier.

Le profil de l’indicateur Qualité des écosystèmes est également dominé par l’impact de la distribution. Cet indicateur ne prend toutefois pas en compte l’impact de transformation et d’occupation de la tourbière. Des indicateurs complémentaires à l’ACVe ont été développés en collaboration avec le Groupe de recherche en écologie des tourbières (GRET) afin de pallier à cette limite de l’outil.

resultats-acve-fr

Dans les catégories Changement climatique et Ressources, les profils sont plus nuancés que dans les catégories Santé humaine, Acidification aquatique et Eutrophisation aquatique. On note que la décomposition de la tourbe en fin de vie domine les impacts dans la catégorie Changement climatique, suivi de la décomposition de la tourbe in situ. Les quantités de CO2 émis à même le site de récolte après sa fermeture sont diminuées de manière importante si le site est rapidement restauré en tourbière.

Dans la catégorie Ressources, les volumes de tourbe aspirés sont responsables de la presque totalité de l’impact : la tourbe récoltée étant comptabilisée comme une utilisation de ressource. L’oxydation de la tourbe à même le site (décomposition in situ) ressort également de manière significative pour cet indicateur, du fait de la perte de la ressource qu’elle induit.

Par ailleurs, à l’étape de récolte, une part non négligeable des dommages et impacts dans toutes les catégories découle de l’intensité d’utilisation des machines : entre les activités d’entretien annuel des fossés, de préparation du site (hersage et profilage) et de récolte de la tourbe prises en compte, ce sont les activités de récolte qui génèrent la majeure partie des impacts. L’intensité d’utilisation de la machinerie ressort donc comme un paramètre clé.

À la lumière de ces constats, il apparaît judicieux de promouvoir la restauration des sites en milieux humides dominés par un couvert de sphaignes et de limiter la réhabilitation aux secteurs présentant des conditions moins favorables pour restaurer une tourbière. Également, la littérature scientifique recommande de réduire autant que possible la durée des périodes d’exploitation des sites ainsi que les délais entre la fin des opérations de production et le début de la restauration des sites.